Penser comme un leader

How leaders think

Il vous arrive peut-être de participer à des discussions qui vous laissent sans voix, alors qu’un collègue choisit spontanément les mots justes pour désamorcer une situation délicate. Ou qui trouve naturellement l’argument percutant pour persuader ses interlocuteurs d’adhérer à ses idées.

Comme vous auriez aimé avoir été plus rapide, plus éloquent !

Avez-vous déjà observé la capacité de certains seniors à prendre des décisions en un rien de temps alors que la problématique vous semblait difficile à résoudre ?

Avez-vous constaté qu’un employé a de la facilité à proposer des idées totalement différentes à brûle-pourpoint ?

Il semble que ces personnes découvrent spontanément que faire ou quoi dire. Quel don utile !

La capacité de prendre des décisions judicieuses avec un minimum d’information, cette habileté à s’ajuster à ses interlocuteurs, à influencer les autres, et à penser différemment dénote une vivacité d’esprit admirable.

Et n’est-ce pas là ce qu’on attend d’un leader ?

Mais comment expliquer ce talent ? Et peut-on le développer ?

On pourrait croire d’emblée que ce genre de talent provient de l’intelligence pure, de la faculté de raisonnement d’une personne. Or, ce serait sous-estimer le cerveau que de présumer que la pensée humaine se résume aux capacités rationnelles de celui-ci.

Quand on y réfléchit, bien que les mots prononcés puissent être logiques, la rapidité de pensée ne peut provenir du processus rationnel.

En effet, celui-ci est lent, séquentiel, et c’est de façon consciente qu’on l’exerce.

Disons que vous avez à décider de la meilleure allocation de votre budget. Vous rassemblez l’information pertinente et vous l’analysez méthodiquement pour en tirer des conclusions. C’est ce qu’on apprend à l’école, et que notre société valorise particulièrement. Vous faites un effort conscient, procédez par étape, et arrivez à votre décision. C’est rationnel – et lent.

Ce que j’ai décrit dans les exemples ci-dessus est toutefois très différent

Dans le feu de l’action, dans le vif d’une discussion animée, il n’y a pas de temps pour réfléchir de façon rationnelle.

Un autre processus de la pensée humaine intervient alors.

Il s’agit d’un processus par lequel une conclusion s’impose, sans qu’on soit nécessairement conscient des étapes intermédiaires qui ont mené à celle-ci, bien qu’il soit parfois possible de les identifier a posteriori.

Et cette conclusion émerge à notre conscience souvent accompagnée d’une bouffée d’émotion — excité par une idée, ou enthousiaste d’avoir trouvé la solution, ou dérangé par le visage fermé de notre interlocuteur.

Vous devez décider à qui déléguer une tâche délicate. Vous contemplez la liste de vos employés, et un nom surgit spontanément dans votre pensée. C’est de ce processus qu’il s’agit. Bien sûr, il est probable que vous preniez un pas de recul, et analysiez de façon consciente et rationnelle si effectivement cette employée est la bonne candidate. Mais une conclusion s’est d’abord manifestée spontanément… à moins que vous n’ayez pas les compétences requises dans votre équipe !

Comme lorsque vous rencontrez une personne pour la première fois. Une conclusion émerge en quelques secondes en vous — vous l’aimez ou non, vous avez confiance ou non. Évidemment, vous pouvez changer d’avis par la suite, mais cette première conclusion s’est imposée sans que vous engagiez consciemment votre processus rationnel.

Et vous aurez compris. C’est le même phénomène qui permet de répondre et de décider sur le vif.

Alors, de quoi s’agit-il au juste ?

Je vous étonnerai peut-être, mais il s’agit du processus intuitif de notre cerveau, tel que découvert par la neuroscience il y a quelques années, et abondamment documentée depuis.

Et croyez-moi, je suis la personne la plus improbable pour vous parler d’intuition.

Avec un baccalauréat en mathématiques actuarielles, et une maîtrise scientifique récente en management, ma propension naturelle me porte plutôt vers le processus rationnel !

Toutefois, dans le cadre de mon mémoire de maîtrise, déposé en 2017, j’ai eu la chance de découvrir une facette du management et de la neuroscience qui s’intéresse au processus de prises de décision des leaders, qui va bien au-delà de la raison. Et c’est ainsi que j’ai appris que la pensée humaine est le produit de deux processus distincts : la raison et l’intuition. Que vous le sachiez ou non. Que vous le vouliez ou non.

Il existe parmi nous des gens qui ont une préférence naturelle pour la logique rationnelle (moi !), et d’autres qui se laissent principalement guider par leur instinct, leurs gut feelings — soit l’intuition, si on veut utiliser le mot juste.

Qu’en est-il de vous ?

Or, on a avantage à tirer parti de ces deux facultés

Ce qui m’a particulièrement frappé lors de ma recherche, c’est qu’en faisant le choix délibéré de naviguer entre intuition et raison, on optimise ses chances de réussite.

En effet, la raison se base sur les connaissances conscientes auxquelles on fait appel.

L’intuition, quant à elle, se forme grâce à des connaissances souvent inconnues de notre conscience (dites tacites).

L’intuition est en fait cette capacité du cerveau à faire des analogies et à associer spontanément le moment présent à une situation passée, ce qui impose une conclusion à notre conscience.

Faire appel tant à la raison qu’à l’intuition vous permet d’accéder à un vaste ensemble de connaissances conscientes, et inconscientes. Indispensable pour réussir comme leader.

Entre deux solutions possibles, notre raison peut hésiter, mais notre intuition, renforcée de nos connaissances expertes, sait d’emblée quelle solution est la meilleure.

Cela devient utile lorsqu’on a peu ou trop d’informations, ou qu’on doive prendre une décision rapidement. Et c’est particulièrement percutant quand on interagit avec les autres et qu’on veut gérer une situation avec tact et efficacité.

Imaginez faire la revue des progrès d’un mandat que vous avez délégué à l’un de vos employés. Vous posez toutes les bonnes questions pour vous enquérir du statut, et celui-ci vous donne des réponses favorables. Si vous n’écoutiez que votre raison, vous pourriez penser que tout va pour le mieux. Mais si votre intuition détecte un malaise, perçoit l’embarras de votre employé dans l’expression de son visage, alors faire le choix conscient de creuser pourrait vous amener à identifier un enjeu qui ne serait pas ressorti autrement.

Voilà un exemple concret où prêter attention à ses intuitions en plus d’agir rationnellement peut faire la différence entre un échec assuré et un potentiel de succès.

Nos intuitions ne sont toutefois pas toujours justes, car elles peuvent être basées sur des préjugés et des modèles du monde que nous nous sommes créés et qui peuvent être incorrects dans les circonstances. Toutefois, elles ont toutes les chances d’être justes si elles reposent sur notre connaissance experte.

L’intuition peut avoir tort… mais la raison aussi

En naviguant entre les deux, vous augmentez vos chances de réussite en tant que leader.

Ce qui ne va pas à l’encontre de la vision traditionnelle du leadership, qui mise les intelligences intellectuelle et émotionnelle. En fait, la raison et l’intuition sont au service de ces deux mégas facultés.

La résolution de problèmes complexes requiert une part d’intuition qui guide la raison dans une direction ou l’autre. La gestion des émotions est également tributaire de ces deux façons de penser : l’une pour détecter, l’autre pour agir de manière appropriée.

L’une ne va pas sans l’autre pour réussir.

Penser au-delà de la raison

Ce qui est fabuleux, c’est qu’il possible de développer la capacité de combiner intuition et raison, comme la science et l’expérience le démontrent.

Tout d’abord, il faut savoir que l’intuition est une faculté innée à tout être humain. En fait, que vous le réalisiez ou non, votre intuition guide la majorité de vos décisions dans une journée. Tant que les enjeux ne le justifient pas, vous vous laissez diriger par celle-ci. S’il fallait que chaque décision soit rationnelle, le cerveau s’épuiserait par l’effort !

Par exemple, vous avez spontanément envie d’un plat sur le menu d’un restaurant (= intuition), et c’est celui-ci que vous commanderez. Toutefois, si vous avez une diète particulière, vous prendrez volontairement un pas de recul, et évaluerez si ce plat répond à vos exigences alimentaires, ce qui pourrait vous amener à faire un choix différent (= raison).

Il en va ainsi de la majorité de nos décisions dans une journée.

À l’instar de l’exemple précédent, vous pouvez développer votre capacité à naviguer entre les modes de pensée de la façon suivante, quelle que soit votre propension naturelle à préférer la raison ou l’intuition :

  1. Prêtez attention à vos intuitions
    Pour plusieurs d’entre nous, la première étape consiste à être attentif aux intuitions qui émergent. Ce peut être un défi à notre époque, alors que notre attention est sursollicitée. Prêter une plus grande attention nécessite du calme, et garder le focus sur ce qu’on ressent et perçoit, au-delà des mots.
  1. Devenez l’observateur impartial de vos intuitions
    Détecter une intuition est la première partie du travail. La deuxième consiste à déterminer si cette information vous est utile, en prenant un peu de recul. Il suffit souvent que d’une fraction de seconde, le temps de constater que le plat dont vous avez envie ne vous convient pas, ou que vous devriez poser plus de questions parce que votre employé a l’air embarrassé.

  2. Exercez votre pouvoir de veto
    Une fois votre intuition observée, vous avez le choix de l’ignorer parce qu’elle vous semble provenir d’un de vos préjugés, ou d’en tenir compte, surtout si elle repose sur votre expertise

Un leadership éclairé

Imaginez développer votre capacité à rester dans le moment présent, pleinement attentif à ce qui se passe en vous, et autour de vous. Conscient des intuitions qui émergent, et observant de façon impartiale leur pertinence.

Vous serez surpris par vos constats. Que d’informations utiles étaient négligées par le passé !

Fort de vos intuitions et de votre faculté à évaluer si elles sont justes, vous décuplerez votre capacité à vous adapter et à influencer vos interlocuteurs, à prendre de meilleures décisions, et même à innover.

(D’ailleurs, si vous souhaitez creuser le sujet, je vous propose un guide gratuit sur l’art de prendre de meilleures décisions grâce à la combinaison de l’intuition et de la raison).

Vous deviendrez un leader éclairé qui fait appel à ses deux processus de pensée, plutôt que de se laisser dominer par l’un ou l’autre.

Vous pourrez ainsi mieux réussir dans tous les aspects du leadership : que ce soit en matière de délégation, d’influence, de stratégie et d’exécution, pour n’en nommer que quelques-uns.

Ce qui peut faire toute la différence entre un potentiel de succès et un échec assuré. Et vous permet, par conséquent, de diriger de façon remarquable ces personnes qui vous tiennent à cœur.

Je coach et j’écris à propos d’un leadership éclairé, qui fait appel à tous ses sens pour décider et agir de façon judicieuse.

LIVRE NUMÉRIQUE BIENTÔT DISPONIBLE

J’ai écrit un livre sur le sujet, paru en version imprimée en 2017. Il traite d’intuition et de raison, et dans quelle mesure naviguer entre les deux permet d’influencer de façon remarquable.

La version numérique sera bientôt disponible. Si vous souhaitez être informé de sa parution, il vous suffit de vous inscrire ci-contre.

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